De fait, avec une nouvelle équipe composée de Lidia Morfino, Annie Colombani, Eliane Brun, Charly Franceschi, Michèle de Bernardi et bien d’autres, le festival italien de Bastia poursuivra sa route. Nous essayerons d’être à la hauteur. Et tout ce qui sera fait désormais, le sera en hommage à ce grand monsieur qui nous a quittés trop tôt.   

 

Jean-Baptiste CROCE

S’il était un passionné de cinéma et un homme de cœur, René était avant tout mon ami. Pendant plus de trente ans, nous avons réalisé mille choses ensemble. Nous avons créé des festivals consacrés au cinéma italien bien sûr, mais aussi au 7e art britannique, espagnol et latino-américain. Nous avons tout mis en œuvre pour faire découvrir au public corse de grands films d’auteur. Nous avons écumé les festivals internationaux pour sélectionner les drames les plus émouvants et les comédies les plus hilarantes. Cela, dans le seul but d’éveiller l’esprit critique des plus jeunes et de proposer aux adultes des évènements culturels ludiques et enrichissants. En vrais complices, nous avons eu de mémorables fous rires et accumulé les souvenirs. Nous avons eu la chance de rencontrer des cinéastes et des comédiens qui, depuis toujours, nous faisaient rêver sur grand écran. Aujourd’hui, René n’est plus là. Inutile de vous dire que je me sens quelque peu orphelin. Et souvent, ce sentiment de solitude est lourd à porter. Pour moi, outre notre amitié longue et sincère, il était un père, un guide, un confident, le témoin de mon mariage, le parrain de mon fils et surtout celui sur qui je pouvais compter. René, c’est l’ami que j’ai perdu. L’ami qui me manque. La veille de sa mort, en ce dimanche de Pâques 2018, il m’a demandé de continuer la belle aventure de ce festival italien qu’il aimait tant. Je vous avoue que j’ai hésité car prendre sa suite n’était pas évident. Mais comme d’habitude, avec son petit sourire malicieux et son regard si profond, il a su trouver les mots pour me convaincre.

René Viale, mon ami