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« Les Italiens sont des Français de bonne humeur »

Le temps passe avec ses instants de doute, d’incertitude, de nostalgie et d’émotion.  

Au fil des ans, comme dans un film de Giuseppe Tornatore, on prend alors un malin plaisir à se souvenir et à conjuguer nos rêves à l’imparfait.  

Depuis les débuts de ce festival italien que j’ai eu le privilège de créer il y a plus de trente ans avec le regretté René Viale, je ne compte plus la kyrielle de rencontres, d’échanges et d’amitiés joliment nouées.  

 

Lorsqu’on organise un tel évènement, je vous assure qu’il faut de la foi et de la passion. Cette passion qui, chevillée au cœur et au corps, vous pousse à toujours aller de l’avant pour offrir au public un rendez-vous de haute tenue où la Culture doit faire bon ménage avec le plus ludique aspect des choses.  

 

Mettre sur pied un festival d’une telle ampleur n‘est pas un long fleuve tranquille. Mais à force d’abnégation et de volonté, on surmonte bien des obstacles. 

 

En cette période anxiogène propice à de maudits virus, l’opportunité de se distraire ne fera de mal à personne. A cet effet, j’espère de tout cœur que ce nouveau festival permettra de ne plus penser aux satanés variants Delta et Omicron qui gâchent notre vie depuis deux ans.  

 

Je souhaite sincèrement que cette semaine, qui vous donnera l’occasion de découvrir en exclusivité les dernières œuvres de grands réalisateurs comme Cristina Comencini, Mario Martone, Pupi Avati, Sergio Castellitto et Gianni Amelio, vous séduira. 

 

J’espère que vous apprécierez les conférences de la Dante Alighieri, le salon littéraire de Musanostra, les expos de Michèle Corrotti et Jean-Charles Marsily, les concerts de Sylvie Biaggioni et Orlando Forioso, ainsi que les nouvelles comédies de Carlo Verdone et Riccardo Milani qui vous feront passer d’agréables moments de pur divertissement. 

Le seul objectif de notre manifestation est d’être une parenthèse enchantée au cœur de l’hiver permettant à la Corse et aux Corses de s’ouvrir sur l’extérieur afin de s’enrichir de la diversité d’autrui.  

 

Je reste persuadé que nos fidèles partenaires privés et publics, au premier rang desquels on trouve le président du Conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni, et le maire de Bastia Pierre Savelli, ne me contrediront pas sur ce point, eux qui mettent tout en œuvre pour que notre ville soit labellisée capitale européenne de la Culture en 2028. 

 

Concernant le rôle et la mission d’un président de festival, sachez que la première satisfaction commence le jour où, seul devant un écran, vous découvrez un film dont vous goûtez déjà le plaisir du partage.  

 

Ce plaisir connaîtra son paroxysme quelques mois plus tard, devant les mines réjouies et les applaudissements qui accompagneront la fin d’une séance où vous l’aurez programmé. 

 

Bonheur naïf, c’est la magie du cadeau que l’on fait et qui, benoîtement, nous donne l’impression d’être un peu meilleur. 

 

Comme cet édito ne veut pas sombrer dans la mélancolie mais au contraire être lié à la joie de vivre de l’Italie, comment ne pas conclure par la fameuse citation de Jean Cocteau : « Les Italiens sont des Français de bonne humeur ». 

 

C’est si vrai !

Jean-Baptiste CROCE

Président du Festival italien de Bastia